Érosion

Érosion

Le Plan de Prévention des Risques Naturels est né en 1995 suite à la loi Barnier (2 février 1995) déclinée en PPRSM (submersion marine), PPRL (littoraux). Il a pour objectif de contrôler l’urbanisation des zones exposées au risque de submersion marine, à l’érosion du trait de côte et à l’avancée dunaire. Il s’impose aux documents d’urbanisme de toutes les communes soumises à ces risques.

Le rapport PAB-SOGREAH de janvier 1997, nous permet d’apprendre que la stabilité du musoir** édifié à la pointe devait être vérifiée et confortée si nécessaire par la municipalité pour décider ensuite de son prolongement. Cet élément mettait en évidence déjà en 1995-1997 le rôle protecteur de ce musoir et la préoccupation d’une érosion avérée, à observer par la municipalité.    

Lors de l’élection en mars 95 de Mr Sammarcelli à la mairie de Lège-Cap Ferret, il était déjà question dans ce rapport d’un possible recul du trait de côte de la Pointe du Cap Ferret de plus de 300 mètres de la zone urbanisée, à échéance de vingt ans.

Ce rapport ainsi que l’application de la loi Barnier ont été occultés dans le Plan de Prévention des Risques Littoraux élaboré en 2001 par la municipalité. La presqu’île s’est alors particulièrement urbanisée de Bélisaire jusqu’à la pointe.

L’urbanisation mercantile de notre presqu’île a amené les équipes municipales dans l’irraisonnable, l’impensable mais surtout l’oubli du principe de précaution au regard de notre population et de leur bien. Personne ne peut entendre « on ne savait pas ! ».

Les riverains titulaires d’une AOT (Autorisation d’Occupation Temporaire du domaine public maritime) devaient fournir tous les ans des relevés bathymétriques afin d’attester de la fiabilité de leur défense, ce qu’ils ont fait. La municipalité devait, afin de prévenir des risques, contrôler cette démarche. Ce point n’a été mis en œuvre pour la première fois qu’en 2019.

Dans ce contexte, il est étonnant que le premier adjoint Philippe De Gonneville pour le maire empêché s’exprime cet hiver sur FR3TV  le vendredi 8 février 2018 de la manière suivante : « notre souci premier est la défense et la sécurité des personnes et des biens »… « Monsieur le préfet a sûrement eu de bonnes raisons ».  « Nous n’avions aucune étude qui montrait l’éminence d’un danger coté bassin».

Au-delà de l’étude de janvier 1997, les résultats d’une étude ARTELIA commandée par notre commune, La Teste et Biscarosse en 2015 sur le recul du trait de côte est remarquable. Elle atteste du bien-fondé du musoir en présentant des hypothèses scientifiques sur trois durées avec et sans ouvrages. Cette étude cachée à nos citoyens et ressortie par la préfecture lors de la rédaction du rapport CEREMA cité ci-dessous, révèle des éléments concrets sur les risques encourus. L’érosion sur la façade Est de la presqu’île y est bien détaillée ainsi que dans son devenir.

Au regard de ces éléments, le Préfet de Région Didier Lallemand, en 2018, a demandé une expertise des risques littoraux au CEREMA pour notre commune. Il s’en est suivi sans délai, l’interdiction de l’accès au public de la pointe jusqu’à chez Hortense jugeant le trait de côte hypothétique. Cette mesure d’urgence devait s’accompagner par la municipalité et ses équipes d’intégrer à un plan de sauvegarde de la presqu’île, un plan d’évacuation d’urgence des populations, et à l’automne (actuellement !) une évaluation environnementale que nous attendons.

Il y a plus d’un an, le 28 août 2018 le Préfet signait la révision du PPRL de 2001. Il y a urgence !

COMMENTAIRES

Que penser de cette histoire de 23 ans aujourd’hui, ou le recul du trait de côte amène la population dans les secteurs fragilisés de la commune à être devant le fait accompli avec peu d’alternatives.

Comment une telle négligence a pu se produire et durer aussi longtemps ?

Le manque de transparence de la municipalité a mis une partie de notre population dans une situation délicate et peu lisible. La relocalisation proposée brutalement aux habitants les plus impactés surprend.

 Avec les avancées scientifiques que sont : le rapport du GIEC sur la montée des eaux due au réchauffement, le rapport d’Hervé LE TREUT sur les changements climatiques, force est de constater que les risques sont exponentiels.

Les propriétaires des cinq cent maisons qui se situent entre la pointe et le Mimbeau sont inquiets, je les comprends. La non coordination des travaux de ré-ensablement commanditée par la commune avec ceux des voisins immédiats à la pointe, montre une gouvernance communale toujours aussi obscure voire partisane.

Encore récemment, la municipalité a oublié de demander une AOT à la DDTM afin de pouvoir réensabler devant « Le Mirador » pour palier aux risques de brèche. Les dates des grandes marées sont connues et l’anticipation de la municipalité n’a pas été au rendez-vous en ce mois de septembre. De ce fait, le rechargement a été réalisé trop à l’ouest. Encore une fois, le traitement dans l’urgence n’engendre pas l’efficacité.

Le mardi 17 décembre 2019, enfin un plan de sauvegarde a été présenté au conseil municipal. Daté du 5 décembre 2019, ce plan n’a pas été explicité dans son opérationnalisation.

Aujourd’hui, dimanche 22 décembre, le plan de sauvegarde de la commune voire le Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs (DICRIM 2011), ne sont pas accessibles sur le site internet de la commune alors que les tempêtes se succèdent sur la commune.

** Un musoir, c’est l’extrémité d’une digue, d’une jetée ou d’un môle faisant une avancée dans la mer.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *